Éclats de briquettes
À Croix, un collectif d’habitantes et d’artistes transforme le mobilier urbain et les murs du quartier Saint-Pierre en supports d’expression artistique. Une initiative participative qui conjugue embellissement du cadre de vie, valorisation du patrimoine et végétalisation symbolique.
Des fleurs, des oiseaux et de la couleur : si vous êtes passés récemment rue Martin du Gard, vous avez peut-être remarqué la transformation du coffret téléphonique situé à l’angle de la rue Francisco Ferrer. Cette intervention artistique marque le lancement d’« Éclats de briquettes », un projet de fresques porté par Les Pierrettes, un collectif réunissant des habitantes du quartier et des artistes.
L’ambition ? Embellir les espaces du quotidien, valoriser le patrimoine bâti du quartier Saint-Pierre et y faire entrer un peu plus de nature grâce à des créations artistiques accessibles à tous.
Trois étapes pour faire entrer l’art dans le quartier
Le projet se déploiera en trois phases complémentaires : l’habillage de coffrets téléphoniques, la réalisation de fresques murales et la création de fenêtres en trompe-l’œil. Autant d’interventions qui contribueront à renouveler le regard porté sur les rues et les façades du quartier.
D’un montant total de 20 000 €, l’opération bénéficie d’un financement conjoint de la Ville de Croix et de la Région Hauts-de-France, chacune contribuant à hauteur de 50%, dans le cadre du Fonds de travaux urbains (FTU).
Des artistes au plus près des habitants
À l’origine de cette initiative, le collectif Les Pierrettes rassemble des habitantes du quartier et des membres du Conseil Saint-Pierre Citoyen, dont Amandine Coussement, à l’initiative du projet, et Céline Trublin. Cinq artistes participent également à l’aventure : Camille Valois, alias L’oiseau Bleu Créations, Claire Coutrel, Céline Caux, Sabrina Quindroit et Clarisse Bertiaux.
C’est Camille Valois qui a inauguré cette première phase en réalisant les motifs floraux et animaliers du coffret de la rue Martin du Gard. Artiste plasticienne, elle associe aquarelle, gravure et collage dans un travail consacré notamment aux liens invisibles entre les personnes.
Cette intervention lui a permis d’expérimenter un format inédit : « C’est la première fois que je travaille sur un aussi grand format. D’habitude, je travaille plutôt sur du A4 ou du A3. Ce projet m’a demandé un travail de recherche et de tests en amont, notamment pour choisir les peintures adaptées au support. »
Au-delà du défi technique, l’expérience a aussi été une occasion de partager son travail avec un public plus large. « D’habitude, mon travail est très personnel. Il n’est visible que par un petit nombre de personnes, dans mon atelier ou dans les galeries. Le fait de pouvoir s’exprimer en extérieur, ça touche tout le monde : les enfants, les jeunes, les adultes. »
L’artiste se réjouit de l’accueil réservé à sa création et des échanges suscités avec les habitants : « J’ai eu de super retours : les gens me remercient, me disent que c’est beau, que ça manque dans le quartier. Ce projet en extérieur crée de nombreuses interactions très positives auxquelles je ne suis pas habituée quand je travaille seule dans mon atelier. »
Une nouvelle fresque rue Kléber
Le projet se poursuit déjà avec une nouvelle intervention. Céline Caux a pris le relais de Camille Valois pour réaliser une fresque à l’angle des rues Kléber et de La Laiterie, face à La Croisée. Avec « Éclats de briquettes », les habitantes et les artistes font ainsi de l’espace public un terrain de création et de rencontre, où l’art contribue à embellir le cadre de vie et à renforcer le lien avec le quartier.